->  Projet JPO - Cruisting Sanctuary - avec Noémie Kohl
     Support technique : David Martinez


        Né de la clandestinité de la condition homosexuelle et documentée depuis plusieurs siècle, le cruising désigne une pratique de rencontre dans des espaces publics ou semi-publics. Parcs, plages, toilettes publiques, parkings ou friches urbaines deviennent des lieux d’interactions passagers entre inconnus, guidées par le regard, le mouvement et la présence des corps. Elle constitue une forme singulière de sociabilité.

L’écrivain Samuel R. Delany décrit ainsi les lieux de cruising de Times Square des années 1960 à la fin du XXe siècle, comme des espaces d’échanges horizontaux et inattendus, où se rencontrent des individus issus de milieux sociaux très différents. La nature publique des espaces investis permet a tous les utilisateurs de créer du lien social sans distinction, de s’y refugier : l’auteur avance ainsi que le cruising a une fonction sociale essentielle.

L’histoire de l’architecture et de l’urbanisme moderne s’est largement construite autour de normes de productivité, de visibilité et de respectabilité qui ont souvent exclu les pratiques sexuelles non normatives.

Les lieux de cruising ont ainsi été régulièrement effacés ou transformés : toilettes publiques supprimées, végétation éclaircie, friches urbaines réaménagées. 


Avec la disparition de ces espaces vient la perte du service social rendu. 

À partir de scans 3D réalisés dans plusieurs sites de cruising à Paris, dont la dernière vespasienne, ainsi que de scans de corps de pratiquants, l’œuvre reconstitue un environnement immersif où ces lieux sont transformés en sanctuaires symboliques. Autels, portails, reliques et éléments rituels composent une architecture fictive qui célèbre la valeur refuge de ces espaces.

Présentée à l’aide d’un casque de réalité virtuelle « Cardboard », l’œuvre immerge le spectateur dans un sanctuaire de cruising en vision stéréoscopique. Elle l’invite à porter un regard nouveau sur une pratique méconnue ou stigmatisée. Comme dans la pratique du cruising elle-même, le regard devient le principal mode d’interaction : en fixant certains personnages ou éléments de la scène, il déclenche des rencontres et des échanges au sein de l’environnement virtuel.

À la croisée de l’archive, de l’installation artistique et de la réflexion politique, Cruising Sanctuary interroge la possibilité de préserver ces espaces marginalisés en contribuant à démocratiser la pratique du cruising et à la rendre plus inclusive. L’œuvre affirme ainsi l’importance de ces lieux comme espaces de sociabilité, de refuge et de résistance.




L’installation est accompagnée de tirages reprenant l’univers graphique de l’expérience. Une installation d’objets autour des Cardboards évoque un autel. Les deux parties de l’installation permettent au spectateur de s’immerger dans l’univers du Sanctuaire de Cruising avant même l’accès à la réalité virtuelle.






La création de Cruising Sanctuary fait appel à plusieurs techniques : scan 3D en photogrammétrie, traitement graphique dans Blender, composition de la musique originale grâce à Ableton Live, codage de l’interaction dans Unity.





Pour l’exposition de fin d’année, ul’oeuvre sera reprise et agrémentée d’une version desktop avec plus d’interactivité. L’installation sera également améliorée, avec notamment un reliquaire imprimé en 3D et contiendra le Raspberry Pi qui herber l’executable.




-> Cuntavision - Lolo’s Revenge - avec Noémie Kohl



Eve Valois, plus connue sous le nom de Lolo Ferrari, a vécu un destin tragique. Son mari Eric Vignes a tiré parti du désir d’autodétermination de son propre corps de la jeune femme pour l’asservir et l’utiliser pour son propre enrichissement. 

A ses 37 ans, Lolo est seule, dépressive, accro aux médicaments, elle est retrouvée morte chez elle. Bien qu’il n’ait jamais été condamné, un faisceau de preuve cohérent indique que son mari se serait aperçu qu’elle avait pris trop de médicaments mais l’a probablement laissé mourir.

Dans Lolo’s Revenge, Lolo revient dans sa Ferrari au rythme de son tube eurodance “Airbag Generation” pour se venger d’Eric Vignes.